A l’occasion de la commémoration du centenaire

de l’Université d’Alger,

le Département d’Interprétariat et de Traduction organise,

en collaboration avec le Palais de la Culture, Moufdi Zakaria,

un colloque international,

les 27, 28 et 29 avril 2009, sur le thème suivant :

 

Traduction, pluridisciplinarité et traversée des frontières

 

            Le thème que nous proposons aux collègues se veut suffisamment ouvert pour permettre aux multiples questions posées par la traduction d’être représentées dans le débat. Nous partons des postulats suivants :

  • On ne traduit pas des langues mais des textes
  • La traduction n’est plus comprise, aujourd’hui, comme un simple produit (le texte final) mais comme un processus dynamique  d’interprétation et de communication qui exige la prise en considération des aspects extratextuels (le contexte socioculturel du texte de départ et celui du texte d’arrivée).
  • De plus, à l’heure de la mondialisation, il n’est plus possible d’ignorer l’apport des technologies nouvelles en rapport avec le domaine de la traduction et de la terminologie, d’autant que le monde arabe, en général, et l’Algérie, en particulier, cette spécialité accuse un retard très important.

 

             C’est justement en tant que processus que la traduction devient l’objet d’étude de la Traductologie qui nous renseigne, en s’inspirant des recherches en sciences appliquées, c’est-à-dire en ayant recours à l’interdisciplinarité, sur la complexité de l’activité traduisante dont l’essentiel consiste à établir des équivalences entre des textes appartenant à des langues et à des cultures différentes.  Comme le souligne Henri Mechonnic, actuellement « l’équivalence recherchée ne se pose plus de langue à langue en essayant de faire oublier les différences linguistiques, culturelles, historiques. Elle est posée de texte à texte en travaillant, au contraire, à montrer l’altérité linguistique, culturelle, historique comme une spécificité, une historicité… »

Il est évident que dès qu’il y a traduction, il y a un besoin d’établir un contact, de communiquer. C’est en tenant compte de la capacité de répondre à cette exigence qu’on peut juger de la valeur d’une traduction.

Différentes théories impulsées par la réflexion traductologique ont essayé d’éclairer la pratique de la traduction. Les unes, d’inspiration herméneutique ont considéré que le travail de traduction est essentiellement une question de compréhension du texte de départ. Les autres ont mis l’accent sur le fait que les choix du traducteur doivent être fonction des besoins du récepteur. Le besoin de fidélité au modèle se heurte, dans ce cas, à l’attente du public.

 A l’heure actuelle, sans doute sous l’influence du succès rencontré par la pragmatique, certains chercheurs ont minimisé l’importance du linguistique dans l’activité traduisante en mettant l’accent sur le contenu sémantique. Cependant on ne peut nier que le sens est porté par le support matériel du texte : les mots et leurs combinaisons sur la chaîne discursive. C’est pourquoi, dans un  premier temps, la démarche contrastive, c’est-à-dire l’analyse logique des structures linguistiques  des langues en présence, s’impose. Elle aide à identifier les différents moyens d’exprimer une idée, un comportement, mais elle ne peut toujours offrir au traducteur des moyens rapides pour trouver l’équivalence. D’ailleurs, la maîtrise d’une langue n’est jamais parfaite ni définitive, vu son caractère vivant et évolutif puisque constamment  transformée en «  parole » par les usagers. Le changement concerne même les langues dites de « spécialité », celles du domaine juridique, philosophique, politique, scientifique et technique…C’est pourquoi la démarche contrastive peut être complétée par celle interprétative qui met davantage l’accent sur le contenu du message que sur sa forme linguistique, et par cela même, indique des pistes pour une possible réexpression. Mais elle non plus ne peut suffire. Ce « contenu », le « sens » du message, comment le définir ? Comment le situer par rapport aux concepts comme « signification », « signifiance » ? Selon Roland Barthes « le sens n’est pas le développement du texte mais l’éclat : appels de contact, de communication, positions de contrat, d’échange, éclats de références, des lueurs de savoirs, coups plus sourds, plus pénétrants venus de ”l’autre scène”, celle du symbolique… » Ces propos laissent entendre que la recherche du sens et de sa réexpression suppose, chez le traducteur, une capacité créatrice à partir des connaissances multiples et variées en linguistique, en histoire, en géographie, en politique…A tout cela, on doit ajouter, surtout dans le contexte de la mondialisation, la nécessité pour le traducteur de faire appel à l’apport considérable des technologies de l’information et de la communication dont les industries de la langue, Internet, le multimédia. Comme on peut le constater, son activité n’est pas celle d’une personne enfermée dans une tour d’ivoire, au milieu d’une foule de dictionnaires. Elle est, au contraire, ouverte sur le monde et s’exerce à la fois dans la synchronie et dans la diachronie.

En fait, le vrai problème de la traduction semble être la difficulté de faire passer par le biais du linguistique, des réalités non linguistiques de la culture du texte de départ dans celle du texte d’arrivée.  Et si on se rappelle que la culture est constituée par l’ensemble des savoirs humains et des opinions publiques, il est évident qu’un traducteur efficace doit être bilingue et biculturel afin de pouvoir traduire le plus fidèlement possible dans le discours de la langue cible, les effets de sens et les performances linguistiques situationnelles de la langue source.

Ce problème est bien perçu dans le texte littéraire puisque c’est dans la littérature que s’épanouissent le mieux les virtualités de la langue, elle qui est à la fois parole s’écartant de la « norme » et le plus beau moyen de communication grâce, en particulier, aux connotations qui envahissent le champ dénotatif  pour éclairer les mots du feu de la polysémie. Or, comme le souligne Michel Bénamou, « les connotations sont soit culturelles soit imaginaires et débordent donc la linguistique : on entre dans l’expérience individuelle, sociale, nationale, raciale de chaque récepteur… ». Le lien langue/société est donc très étroit dans l’activité traduisante, les connotations n’étant pas le fait de la littérature uniquement.

 

Vieille comme le monde, ayant depuis toujours contribué à l’évolution des langues ainsi qu’à celle des formes esthétiques et des idées, la traduction sert aussi de mémoire culturelle comme le montrent les inscriptions bilingues sur les monuments anciens.

A la frontière où deux langues se séparent, elle jette des passerelles et trouve les liens nécessaires pour que les valeurs culturelles circulent et enrichissent l’humanité. Plus que jamais, le rôle de médiateur de la traduction s’avère donc indispensable.

« Un homme, une idée ; deux hommes, deux idées. C’est cela qui fait vivre un village  » affirment les Anciens du Mali. Cette vérité est valable aussi pour nous  qui rêvons, à l’heure actuelle, de fonder  un « village planétaire ».  

 

 

Axes

 

I-                 Traduction

 

-         Sourciers et ciblistes face au problème de la fidélité

-         Traduisiblité VS intraduisibilité

-          Quels supports didactiques pour l’enseignement de la traduction ?

 

II-              Pluridisciplinarité

 

-         Traduction et terminologie

-         Traduction et interprétation

-         Traduction / communication (contexte d’énonciation et de réception) / Sciences du langage

-         Traduction, technologie de l’information et industries de la langue

 

Langues d’intervention

-         Arabe

-         Français

-         Anglais

-         Espagnol

-         Allemand

 

Résumés à envoyer avant la fin janvier 2009 et texte intégral avant la fin mars 2009, aux adresses suivantes :

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Pour le Comité Scientifique

 

-         Pr Nora TAZI-TANI

-         Pr Bouteina CHERIET

-         Dr Layachi AÏSSI

 

Pour le Comité d’Organisation

 

-         Mme Adila MAHENNI BENAOUDA

-         Melle Khadidja MERAKCHI

-         M. Med Réda BOUKHALFA

 

 

NB : Nous rappelons aux participants que seuls les frais de transport sont à leur charge.